Evaluer la compatibilité de l'APR avec l'état de santé du travailleur
Objectif du document
Le document publié par l’INRS en juin 2025 (référence TC 183) vise à fournir aux professionnels de la prévention et aux acteurs de la santé au travail les repères essentiels pour évaluer la compatibilité du port d’un Appareil de Protection Respiratoire (APR) avec l’état de santé du salarié. Il met en lumière les enjeux médicaux, physiologiques et psychologiques du port de l’APR, notamment dans le cadre d’interventions exposant à l’amiante.
Points clés et recommandation du document
Effets physiologiques et psychologiques liés au port de l’APR :
résistance respiratoire accrue,
effort cardiorespiratoire,
accumulation de CO₂ (lié à l’espace mort dans l’APR),
APR à ventilation assistée ou isolants peuvent atteindre 2 h 30 d’affilée, selon les conditions (température, effort, poids de l’EPI)
Facteurs de tolérance individuelle :
antécédents respiratoires (BPCO, asthme), cardiovasculaires, neurologiques ou psychiatriques (claustrophobie, anxiété), grossesse, sensibilités ophtalmologiques, etc. Ces conditions peuvent conduire à une intolérance aiguë, particulièrement sous l’effet de la chaleur, du stress ou d’un effort physique important.
Choix du type d’APR :
sélection rigoureuse de l’APR adapté au profil du salarié, intégrant formation, ajustement (fit test), maintenance, durée de port et pauses adéquates.
Suivi individuel :
incluant un examen médical préalable, suivi selon les risques (mais le port d’un APR ne déclenche pas automatiquement un Suivi Individuel Renforcé), avec possibilité de tests complémentaires, questionnaire ou protocole interne
Gestion de poste spécifique (désamiantage) :
Des facteurs doivent être pris en compte afin d’adapter la durée de port, prévoir des pauses de récupération de 15 à 30 minutes, voire réguler la température au poste :
la chaleur,
la charge physique,
les EPI combinés (combinaisons, lunettes, gants),
Aménagements en cas de fragilité (pathologies, grossesse) : adapter l’EPI, proposer des pauses, envisager une réaffectation temporaire ou un changement d’APR, en lien avec le médecin du travail.
Conclusions
Afin de garantir la compatibilité entre l’état de santé des salariés et le port d’un APR est indispensable le document propose une approche pragmatique qui combine obligations réglementaires, sensibilité individuelle et sélection adaptée de l’EPI. Les piliers de cette prévention sont :
L’accompagnement du médecin du travail
la formation des salariés amenés à porter un APR
la bonne pratique du fit test
le respect des durées maximales de port d’APR
En cas de contre-indication ou d’inconfort majeur, des aménagements de poste ou le changement d’APR peuvent être envisagés.